lundi 10 novembre 2008

Histoire de la danse jazz

" En conservant de ses origines lointaines une vocation à réunir des éléments antagonistes, tels l'Afrique et l'Occident par exemple, en s'affichant simultanément comme danse populaire et comme danse savante, en mêlant les pratiques commerciales à la sensibilité esthétique, la danse jazz brouille les grands couples conceptuels au moyen desquels nous structurons notre pensée et qui nous permettent de concevoir le monde selon des axes de symétrie : art/divertissement, noble/vulgaire, individu/communauté, technique/inspiration, sophistiqué/primitif, blanc/noir. Il n'est pas étonnant qu'il soit devenu une sorte de mot-valise, synonyme d'expression libre. Libre d'allure, d'esprit, certes. Absolument libre ? La question est posée. La liberté du danseur jazz tiendrait peut-être davantage d'une liberté conditionnelle, protégée par un certain ,ombre de critères d'exécution, cooptés jusqu'ici par tous, un état d'eprit, une sensibilité particulière, un feeling qui lui est propre. Certes, les limites sont floues mais il me paraît fécond de courir le risque de les préciser plutôt que d'amputer le débat en faisant semblant de croire que chercher à comprendre revient forcément à quadriller pour exclure ".

Eliane SEGUIN

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