lundi 10 novembre 2008

De l’Afrique à l’Amérique : I’ve come a long way, Lord !

" L’Amérique a toujours été une société multiraciale et métissée, même si elle s’est longtemps revendiquée comme une société blanche, niant la présence en son sein des Indiens, des Noirs et autres métis. Pourtant cette population de couleur a contribué de façon essentielle au développement du Nouveau Continent. Les esclaves africains y ont développé une culture originale, profondément noire et américaine, indissociable de la civilisation des Etats-Unis. La danse jazz, facette de cette culture, a été le lieu, l’enjeu et la manifestation d’une interaction culturelle complexe entre deux communautés : l’une blanche, dominante, l’autre noire, dominée. Même si l’idée reçue confond la diffusion des formes et l’exercice et l’exercice de la force, que peut représenter cette domination à côté des mélanges souterrains engendrés par la rencontre de l’imaginaire différent de deux peuples ? Ne peut-on remarquer, avec Jean Duvignaud, que la création est faite de ces enchevêtrements réciproques comme une réponse à la violence : « Sont-ils silencieux ces peuples dominés, reçoivent-ils passivement la culture du vainqueur, ou avides qu’ils sont de s’emparer des outils de ce dernier, ne corrompent-ils pas l’image que le prépondérant se fait de soi ? Des semences microscopiques n’envahissent-elles pas pour la modifier la conscience du maître ? […] Les esclaves africains n’ont-ils pas, par leur puissante vitalité, reconstitué une culture et par le jeu du corps, le rythme et les chants, pénétré et changé le confort psychique de la civilisation industrielle ? "

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